Une Messe aux Accents Triomphants

"La Messa di Gloria de Puccini justifie pleinement son titre en célébrant la gloire du Seigneur avec une rare exaltation. Pour l'interpréter, ils n'étaient pas moins de 120 choristes appartenant au Chœur européen de Vaison et à l'Ensemble choral de la Côte de Nyon (Suisse), tous massés dans le chœur de la cathédrale de Vaison, et soutenus avec détermination par l'orchestre du Haut Vaucluse. Pour le kyrie, comme pour le gloria, plus théâtral que liturgique, les voix s'enflammaient aussitôt dans des fortissimi impressionnants, en partageant les mêmes élans au sein d'un ensemble très homogène. Il est vrai que la direction particulièrement motivante et non moins chaleureuse de Claude Poletti avait le pouvoir d'entraîner l'adhésion de tous les exécutants qui affichaient une belle maîtrise en toutes circonstances."
"On appréciait également l'exceptionnelle ampleur de la voix du ténor Philippe Talbot aux accents très généreux, avant que le baryton René Linnenbank ne crée la première émotion avec l'air du Crucifixus grâce à son timbre qui allie la noblesse à la sincérité de l'expression. Les deux solistes et le chœur dialoguaient ensuite au cours d'un Agnus Dei raffiné à l'extrême, qui semblait survenir comme pour établir un climat d'apaisement proche de la béatitude. En début de concert, la Pavane pour une infante défunte n'avait pas été aussi bien traitée. Des instruments à vents trop présents dans le concert et pas tous à l'abri des écarts occultaient en effet la part du rêve dans une musique qui appelle d'abord la transparence."
Concerts «Magnificat»

"A-t-on le droit aujourd-hui d'ignorer les concerts de Noël du Chœur Européen? La qualité des chanteurs, solistes et du chœur est désormais liée à celle de l'Orchestre à Cordes du Haut Vaucluse. Que de bonheur déjà donné au public durant ces 5 derniès années. Et cette joie partagée offre maintenant à Vaison, cité chorale européenne, le chœur qu'elle méritait..."
"...cette année encore, le chœur nous propose de découvrir deux jeunes solistes, Émilie Menard et Anne Sophie Ducret, toutes les deux des sopranos. «Elles se produiront pour la première fois à Vaison. En participant à nos concerts, nous donnons un tremplin à ces toutes jeunes artistes qui sont prometteuses de grandes carrières.» Cependant, ce n'est pas leur première participation en public. Chacune d'entre elle a un beau parcours couronné de nombreux prix et médailles."
"A côté d'elles, René Linnenbank, basse, présent dans de nombreux concerts avec le chœur européen, et Jérémy Rose, ténor, qui s'est établi en Provence il y a quatre ans après avoir fait une belle carrière de soliste en Grande Bretagne. Au programme du concert de Noël : les magnificats de Francesco Durante et d'Antonio Vivaldi. Les deux versions sont très apparentées puisqu'elles reposent sur le même texte liturgique, avec la même structure. Brillantes, avec des motifs ornementaux, elles sont très représentatives de la musique baroque."
Beethoven Magnifié à Vaison

" La 1ere Symphonie, diversement appréciée lors de la première audition, porte pourtant les prémisses d'une exceptionnelle série. L'orchestre à cordes du Haut Vaucluse et les cuivres d'Avignon qui dialoguaient avec beaucoup d'élégance, n'ont pas manqué de nous le rappeler. Sous la direction aussi sobre que convaincante de Claude Poletti, les traits de chaque mouvement étaient fort bien tracés, les nuances toutes soigneusement marquées et l'interprétation se faisait le fidèle reflet de l'esprit primesautier qui guide l'oeuvre du début à la fin."
"La première Messe de Beethoven atteint très vite des sommets. Dans le Kyrie d'abord pour lequel le chœur européen déployait des voix rayonnantes dans un ensemble d'une homogénéité exemplaire, pour le Gloria, ensuite, traduit par tous les exécutants avec une foi admirable. A la suite des choristes, les quatre solistes n'apparaissaient pas moins éloquents. Grâce à la lumineuse clarté de la voix de la soprano Julia Wischnievski, qui portait parfois ombrage à la mezzo Tania Krestinsky, alors que les chants du ténor Thierry Camacho et de la basse Renée Linnenbank rivalisaient de chaleur. Mais si pour le Benedictus, le quatuor vocal bien soutenu par l'orchestre a trouvé sa plus belle expression, il faut rappeler que tout au long de la Messe, c'est l'imposante masse des choristes qui a causé la plus forte impression et ébloui la foule qui emplissait la cathédrale de Vaison."